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L'esprit de Philadelphie : La justice sociale face au marché total

L'esprit de Philadelphie : La justice sociale face au marché totalAuteur: Alain Supiot
Créateur: Alain Supiot
Éditeur: Seuil

Prix de liste: EUR 13,00
Acheter Neuf: EUR 12,33
le 31/7/2010 19:00 CEST détails
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Vendeur: antoine_online
Évaluation moyenne des clients: 4.0 sur 5 étoiles 8 commentaires
Classement parmi les ventes: 21359

Média: Broché
Pages: 178
Poids (kg): 0.4
Dimension (cm): 7.1 x 5.1 x 0.7

ISBN: 2020991039
EAN: 9782020991032
ASIN: 2020991039

Date de publication: Janvier 7, 2010
Disponibilité: Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés

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Commentaires des clients:
Montrer les commentaires 1-5 de 8



5 sur 5 étoiles super livre à recommander pour mieux comprendre notre société   Juin 22, 2010
Mazuyer
super livre, très bien écrit, facile à lire, donne une vision juste et originale de notre situation actuelle
à lire absolument



5 sur 5 étoiles Revivifiant   Juin 19, 2010
Floral (France)
C'est un essai assez court mais revivifiant. Il y a une somme d'idées qui vraiment ont enrichi ma propre réflexion. La voix des juristes ne se fait pas suffisamment entendre, or elle apporte un regard profondément original, et différent de la petite musique de fond dans laquelle nous baignons. Surtout qu'on a à faire à un esprit brillant.
Pour ne retenir qu'une idée qui pourrait déboucher sur une application concrète et qui serait un fort levier de changement : il faut casser l'opacité qui entoure les sociétés (qu'on nomme fort justement anonymes) dont on ne sait plus à qui elles appartiennent ; cela permet aujourd'hui d'agir en toute irresponsabilité (il y a des pistes proposées).
D'autres voies sont évoquées pour conduire à ce que nous soyons tous plus solidaires plutôt que plus solitaires.



5 sur 5 étoiles Quand le travailleur devient un pion   Peuvent 18, 2010
mackie (France)
C'est un livre informatif, parfois un peu difficile, mais qui formalise efficacement le malaise qu'on peut ressentir devant l'évolution de notre société.
Il dénonce le fait que l'humain devient un simple outil de production et perd toute valeur (savoir-faire, créativité, humanité) dans le tout quantifié et le tout marchand de l'ultralibéralisme.
Il informe sur les dérives observées depuis les accords de Philadelphie d'après-guerre, sur l'évolution de l'Organisation Internationale du Travail, les prises de positions de la Cour de Justice Européenne et rappelle, comme le fit Keynes en son temps que l'injustice sociale est un facteur de troubles graves.



5 sur 5 étoiles Livre salutaire, à lire pour comprendre ce qui nous arrive   Peuvent 5, 2010
pg94 (Ile de France)
3 sur 3 ont trouvé ce commentaire utile

Le livre d'Alain Supiot expose très clairement la stratégie du néolibéralisme, conduite depuis les années 80 en Europe, et ses conséquences, que nous sommes en train de vivre pleinement à l'heure actuelle : appauvrissement des salariés, des états, au profit des représentants de la frange la plus riche de la population, à travers les entreprises dont ils sont les actionnaires ou les dirigeants.

Extrait (p.24) " Dans la Déclaration de Philadephie, l'économie et la finance sont des moyens au service des hommes. C'est la perspective inverse qui préside à l'actuel processus de globalisation : à l'objectif de justice sociale a été substitué celui de la libre circulation des capitaux et des marchandises, et la hiérarchie des moyens et des fins a été renversée. (...) Au lieu d'indexer l'économie sur les besoins de l'homme et la finance sur les besoins de l'économie, on indexe l'économie sur les exigences de la finance et on traite les hommes comme du "capital humain" au service de l'économie."

Voilà, tout est dit dans dans cette phrase et Alain Supiot s'emploie à le démontrer, de manière lumineuse, avec des mots simples, sans recourir à l'émotif et sans aucune agressivité, ce qui est méritoire.

Le problème des néo-libéraux, c'est que maintenant (mai 2010) ils commencent à être découvert. Et que leurs armes traditionnelles, manipuler les opinions, manipuler le langage (la régression sociale appelée "réforme" et présentée comme une nécessité inéluctable pour le progrès, pour ne prendre qu'un exemple) commencent à ne plus fonctionner. Grâce à des gens comme Alain Soupiot. Reste à tenter de le discréditer : il n'est pas un économiste. Sous-entendu, il n'a pas droit à la parole. Il n'a pas compris le dogme, il n'est pas admis dans le clergé néo-libéral. Cela dit il ne se prétend pas économiste. Il est professeur de droit, et à ce titre, les droits humains l'intéressent. Version néolibérale : c'est un conservateur qui veut empêcher le monde de s'enrichir grâce aux plus riches, en voulant défendre des acquis indéfendables car d'une autre époque (avoir un toit, manger à sa fin, disposer d'un travail justement rémunéré).

Serait-il un mauvais économiste ? Si l'économie consiste à ne pouvoir suivre que la voie unique que le néolibéralisme tente de nous imposer : il faut que les riches s'enrichissent pour créer de la richesse pour tous, c'est clair, il n'a rien compris et son livre mérite d'être brûlé. Maintenant si l'économie (étymologiquement, les lois de la maison") consiste à définir l'argent comme un moyen humaniste d'échange et de développement, à coup sûr il est un véritable économiste.

Sont expliqués dans ce livre la manière dont les plus aisés profitent des législations et des droits sociaux dont ils tirent un bien meilleur parti que les plus faibles; la mise en concurrence des états sur le critère des contraintes législatives (le moins-disant voire le moins regardant étant évidemment le gagnant); l'enrichissement personnel lié aux privatisation des services publics, et surtout pourquoi les ex-communistes se sont ralliés si facilement aux dogmes néolibéraux, ce que M Thoreux dans sa critique appelle "les prétendues noces du communisme et de l'ultralibéralisme". Sauf qu'elles ne sont pas prétendues, elles sont démontrées. Ainsi peut-on voir d'un autre Sil l'entrée à marche forcée dans la Communauté Européenne de nombre de pays de l'ex bloc de l'Est, dont le but est loin d'être humaniste, contrairement à ce qu'on pourrait penser naïvement.

On a coutume de dire que l'Histoire jugera. Si, comme je l'espère, cette parenthèse néolibérale touche à sa fin, c'est parce que la prise de conscience des citoyens face à la régression sociale aura permis de remettre les pendules à l'heure, et de renvoyer dans leurs buts les quelques dizaines de milliers de personnes qui se partagent les richesses qui nourriraient des millions de précaires et de pauvres. Et cette prise de conscience passe par la lecture de livres comme celui-ci.

Et je dis bien la parenthèse néolibérale. Car contrairement à ce que veulent nous faire croire ses thuriféraires, à savoir que ce dogme est la seule vérité possible, et qu'elle s'impose à tous, pour les siècles des siècles, amen, d'autres mondes sont possibles. D'autres civilisations ont vécu sans bourse des valeurs, sans PDG valant 300 fois plus qu'un autre être humain. On les connaît encore grâce à la trace qu'elles ont laissé dans l'histoire, grâce à leurs Suvres artistiques, grâce à leurs philosophes, à leurs conteurs. Le néolibéralisme fera 2 pages dans les livres d'histoire (qui aura été remise au programme de terminale scientifique) pour décrive la tentative de prise de pouvoir d'une oligarchie égocentrique cupide et avide, sur la démocratie, c'est à dire sur le droit des peuples à vivre libres et heureux.

Ce livre se lit rapidement, il est passionnant, il est accessible à tous (sans doute un gros défaut pour ses contempteurs !)
Retrouvez votre cerveau disponible : lisez-le au lieu de passer 3 soirées insipides devant votre téléviseur !







2 sur 5 étoiles Un titre trompeur   Avril 11, 2010
P-henri Thoreux (France)
3 sur 19 ont trouvé ce commentaire utile

Au premier abord, le titre de cet ouvrage appelle plutôt la sympathie de tout Libéral épris du message des Pères Fondateurs de l'Amérique. L'esprit de Philadelphie c'est bien sûr avant tout celui des auteurs de la déclaration d'indépendance de 1776, ou encore des Conventionnels qui élaborèrent la Constitution Américaine en 1789 : il n'y a pas de système au monde mieux organisé, plus stable, plus équilibré, et qui préserve autant les libertés individuelles. Mais en fait, l'ouvrage fait allusion à une déclaration d'intention, nettement moins connue, émanant de l'OIT (Organisation Internationale du Travail) datant de 1944. Ce ne serait pas pour autant un outrage, car s'inscrivant dans le grand dessein des Nations Unies, elle constitue une suite assez logique à ces textes fondamentaux, en dépit de son caractère très général qui l'apparente à un catalogue de voeux pieux.

Le vrai problème est que cette déclaration dont le but est de diffuser quelques règles de bonne conduite urbi et orbi, fondées sur la nécessité de la liberté, soit exploitée aujourd'hui pour flétrir précisément le libéralisme et la mondialisation.
Il est encore plus choquant, voire grotesque, d'appuyer ces attaques à la manière de M. Supiot, sur les prétendues "noces du communisme et de l'ultralibéralisme".
Pour faire bref, M. Supiot reproche à la "nouvelle doxa" d'avoir occulté depuis une trentaine d'années les principes de l'OIT : "La foi dans l'infaillibilité des marchés a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l'échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la migration, l'exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial."
Vu à travers le prisme déformant de la crise économique actuelle (la plus grave depuis 1930 nous répète-t-on à longueur de journée...) ce type d'argumentation pourrait avoir un semblant de vraisemblance. Mais objectivement, la thèse occulte bon nombre de réalités et rejoint peu ou prou les revendications confuses, agressives et destructrices de l'altermondialisme. Elle semble notamment ignorer l'emprise grandissante de l'Etat dans tous les pays y compris les plus libéraux comme les Etats-Unis. Elle néglige le fait que loin de manquer de régulations et de lois sociales, le monde surtout occidental en regorge comme jamais, de plus en plus complexes, absconses et contradictoires. Enfin elle passe sous silence l'accès progressif à la prospérité de centaines de millions de gens grâce à l'influence de la démocratie libérale, après la seconde guerre mondiale, puis après la chute du communisme... Tout ça finit par affaiblir singulièrement la force du propos et douter de la pertinence, voire de l'honnêteté du discours.


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