Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne | 
| Auteur: Sylvain Gouguenheim Créateur: Sylvain Gouguenheim Éditeur: Seuil
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Média: Broché Pages: 277 Poids (kg): 1 Dimension (cm): 9.3 x 6.1 x 0.9
ISBN: 2020965410 EAN: 9782020965415 ASIN: 2020965410
Date de publication: Mars 6, 2008 Disponibilité: Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés
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Indispensable pour tout doctorant en histoire... Novembre 18, 2008 2 sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
...qui voudrait un aperçu complet (quasi-exhaustif) de tout ce qu'il convient de ne surtout pas faire s'il entend réussir sa thèse. Pour cette seule raison l'ouvrage mérite bien cinq étoiles...
Historiquement incorrect Novembre 11, 2008 2 sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
Patatras ! Une étude très sérieuse du très sérieux Sylvain Gouguenheim, professeur d'histoire médiévale à l'ENS de Lyon, vient ruiner un préjugé dominant qui attribuait à l'Islam la transmission du savoir antique à l'Europe. Philosophie, mathématiques, astronomie, après avoir disparu d'Europe auraient trouvé refuge dans le monde musulman. Tissus d'erreurs, démontre l'auteur en reprenant ces thèmes point par point. La transmission depuis Byzance n'a jamais cessé. Nombre de pères de l'Eglise, formés à la philosophie grecque, citent Platon et autres auteurs, en attendant Aristote. Inversement, jamais l'Islam n'a accueilli volontiers le savoir grec. Avicenne et Averroès, souvent cités, ne parlaient pas un mot de grec. La traduction du grec à l'arabe (langue sémite) était problématique et intéressait peu. Il y eut, cependant, quelques traductions de textes scientifiques. Galien, Hippocrate, Platon sont à l'origine du savoir arabe et non pas musulman, nuance que beaucoup oublis (surtout les manuels scolaires). mais l'accueil fait à la pensée grecque fut toujours limité, sélectif. Au même moment, les grands textes grecs n'avaient cessé d'irriguer l'Occident au cours des "renaissances" successives. Le rôle des moines de Saint-Michel a été trop longtemps oublié. On peut le dire aux élèves de 5ème et de seconde : la culture européenne ne doit rien d'essentiel au monde arabe ou à l'Islam.
Une contribution essentielle au débat Novembre 10, 2008 3 sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
Un livre remarquable d'érudition, qui n'échappe pas à quelque facilités polémiques, mais qui a le mérite de dire quelques vérités oubliées sur le christianisme, l'islam, et plus généralement le Moyen-Age en Méditerrannée. Evidemment, les chrétiens auraient tort d'y lire une apologie (d'autant plus que ça fait bien 30 ans que personne ne considére plus le MA comme un millénaire d'ignorance en Europe), et les musulmans commettraient une regrettable erreur de jugement en se sentant attaqués. Quant à la thèse défendue, qui veut que le MA chrétien ait été nourri par la Grèce antique, il suffit de relire "Le nom de la rose" pour comprendre qu'il s'agit plus d'un fait historique que d'une hypothèse travail. Je laisse à ceux qui ont détesté ce livre en invoquant des "erreurs historiques" ou des présupposés idéologiques le soin de mettre ces erreurs en avant et de prouver qu'eux-mêmes ne sont pas aveuglés...
Passionnant ! Septembre 28, 2008 7 sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
Voici un autre ouvrage au but salutaire qui remet à l'heure les pendules des historiens de l'idéologie dominante.
Sylvain Gouguenheim démontre, argumente, affirme et réfute magistralement. L'Occident chrétien n'a jamais coupé définitivement les ponts avec son riche passé grec car sinon cela aurait équivalu ni plus ni moins à un suicide culturel. Le Moyen-Age ne fut pas une époque lourde d'obscurantisme barbare et d'inexistence d'érudition mais plutôt une active continuité culturelle qui n'a cessé d'entretenir ce lien si fort avec ses racines grecques. En aucun cas, nous ne sommes redevables du monde islamique qui a davantage emprunté et falsifié.
Rendons hommage à Jacques de Venise, aux érudits chrétiens d'orient (byzantins, nestoriens, syriaques), aux moines copistes et à l'Empire chrétien d'orient qui a façonné en partie l'Europe de l'ouest.
Un livre à lire, à relire et à faire lire.
Ouvrage remarquable Septembre 4, 2008 11 sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
Sylvain Gouguenheim, professeur d'histoire médiévale à l'ENS de Lyon, est un historien travaillant avec des données brutes qui sait les placer dans le contexte de leur création, apparition, diffusion.
Il exploite avec diligence et esprit scientifique chacune des données qu'il expose avec rigueur. Son travail est impressionnant de qualité. Il ouvre en outre de nouvelles perspectives de travaux notamment sur l'importance des communautés chrétiennes d'Asie Mineure sous l'autorité de l'Islam.
Cet ouvrage jette manifestement un pavé dans la mare. Il en va de même à chaque fois qu'il s'agit de démontrer que le Moyen-Age n'était pas une période "obscurantiste", qu'il fut fécond dans la production de livres, la traduction, la copie de livres, la dispute, le rayonnement spirituel (je salue notamment l'excellent passage sur la renaîssance carolingienne). Il en va de même à chaque fois que l'Histoire révèle que l'Eglise catholique a permis, favorisé, encouragé le développement de la Science contrairement aux idées reçues qui mettent en exergue des comportements minoritaires, blessants certes, de l'Eglise pour les faussement généraliser (cf. La vérité sur l'affaire Galilée). il en va de même à chaque fois que l'Occident est défendu de manière juste (Le sanglot de l'homme blanc, Pour en finir avec la repentance coloniale, Les traites négrières : Essai d'histoire globale etc.).
"Aristote au Mont Saint Michel" n'est pas un livre à charge. Il est un livre qui expose avec beaucoup d'intelligence que la diffusion tant de la philosophie grecque a été permise par le rayonnement de chrétiens lettrés, par la Curie romaine, les monastère, dont celui du Mont Saint Michel qui abrita le premier traducteur des oeuvres d'Aristote, Jacques de Venise, et indirectement par la politique agressive, guerrière de l'islam -les invasions arabes, islamiques, conduisant à la destruction de livres réputés non sacrés et à la fuite d'une élite chrétienne.
Il va en outre plus loin car il démontre que la médecine tant vantée des Arabes a ses origines historiquement fondées chez les chrétiens et juifs, que cette médecine s'est enrichie des apports grecs, indous et persans; cette synthèse étant vécue par une élite syriaque, chrétienne. Pendant 3 siècles, 8 générations d'une même famille, chrétienne, ont été médecins du calife de Bagdad !
Le livre de Sylvain Gouguenheim illustre de nombreux exemples qui étayent une nouvelle façon de voir l'Histoire et la contribution de l'Islam dans l'ouverture à l'intelligence du monde occidental.
Les racines chrétiennes de l'Europe sont évidentes. La diffusion des textes grecs, langue de référence de la liturgie, est sûre.
Cet exceptionnel ouvrage d'historien en appelle d'autres.
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