Lu en à peine deux heures Le Sagouin de François Mauriac.C’est un livre pour le moins étrange, sur un petit garçon malingre et bête, devenu un enjeu de violence et de souffrance d’une famille noble sur la fin.
Voilà le genre de livre que l’on fait lire aux collégiens : très court, presque pas de description, un enfant au centre du livre… J’en avais, pour la première grosse moitié un avis un peu négatif. Maintenant que j’ai terminé le livre, je dois dire qu’il y a effectivement un enjeu psychologique assez intéressant.
Chez Mauriac, les Femmes dirigent leurs maisons, qu’il s’agisse de Léone la femme de l’instituteur, ou de La baronne et de Paule, grand-mère et mère du sagouin. Les hommes sont vides, creux, incapable d’assumer la dimension de leur vie. Paule est d’ailleurs comparée à une femme à barbe à cause de sa pilosité.
L’enfant, c’est véritablement l’élément négatif du livre : quelque chose de non désiré, de perdu, de détesté. Personne ne l’aime, il est un enjeu de lutte entre la Baronne et Paule : à celle qui s’en fera maître.
Le roman est malheureusement trop peu bavard, trop rapide sur la description de cette étrange société pour que l’on comprenne vraiment ce que Mauriac voulait dire… Mon interprétation sera prudente car il y a beaucoup de façon de lire le récit : pour ma part, je dirais qu’on assiste là une société qui se meurt de sa médiocrité, une société dans laquelle l’espoir n’est plus. Ecrivain catholique, Mauriac insiste ici sur le fait que « le bon Dieu a disparu de l’Eglise ». C’est là, sans doute, la clé : plus rien ne tient, car le père et le Père ne sont plus là. Les figures d’autorités. L’instituteur aurait pu remplir cette fonction, mais il en reste à ces rêves de « lutte des classes », ne se rendant même pas compte qu’il avait la possibilité, en assurant l’éducation du sagouin, de réaliser en lui un idéal rouge que la mère appelait pourtant de ses vœux.
Je ne pense pas que je lirais d’autres livres de Mauriac, celui là ne m’a décidemment pas envie d’aller plus loin.