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Ritournelle de la faim

Ritournelle de la faim
Auteur: Jean-marie-gustave Le Clézio
Créateur: Jean-marie-gustave Le Clézio
Éditeur: Editions Gallimard

Prix de liste: EUR 18,00
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Évaluation moyenne des clients: 4.0 sur 5 étoiles 5 commentaires
Classement parmi les ventes: 15

Média: Broché
Pages: 206
Poids (kg): 0.6
Dimension (cm): 8 x 5.6 x 0.9

ISBN: 2070122832
EAN: 9782070122837
ASIN: 2070122832

Date de publication: Octobre 2, 2008
Disponibilité: Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés

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Commentaires des clients:

4 sur 5 étoiles UNe jolie petite musique   Novembre 14, 2008
 2 sur 3 ont trouvé ce commentaire utile

Un ouvrage en mode mineur qui raconte une jeune fille en désaccord avec sa famille et qui subit l'air du temps. Les temps sont durs car nous sommes dans la période avant guerre et que Paris devient nostalgique de ce qu'elle deviendra.
Un roman sympathique avec de beaux sentiments. C'est agréable et bien écrit. Est ce ce qu'on attend d'un Prix Nobel ? mais il ne faut pas bouder son plaisir mais lire cet ouvrage qui laisse un sentiment de satisfaction.



4 sur 5 étoiles un vague air de Proust   Novembre 12, 2008
 1 sur 4 ont trouvé ce commentaire utile

Ce roman n'a pas suscité en moi un grand enthousiasme ,celui que j'avais ressenti pour "Désert" ou "Onitsha" .Il a fait renaître en moi la légère fiévre que je ressentais ,enfant ,après un après-midi dominical oisif ,dans la chaleur du salon ,entourée d'adultes dont la conversation m'enivrait ,sans que j'y participe moi-même . Une touffeur génératrice de vague malaise,dans une société qui ne me concerne pas .Celle de chez Swann qui m'a toujours rebutée ,malgrè mon goût pour la "bonne "littérature .
Le point de vue de l'enfant face à ce monde d'adultes ,pris dans un manège sur lequel il n'a pas prise ,est interessant et bien décrit par Le Clézio ,dans son style de "dandy" de l'écriture . Trop "dandy" cette fois . L'histoire mille fois rebattue des réfugiés dans leurs voitures d'un autre âge ,bloqués au milieu de la "plèbe" qu'ils n'avaient jamais cotoyée ,à l'abri dans leurs belles demeures parisiennes ,ne m'a pas émue . L'amitié avec Xénia qui donnait une énergie à l'histoire ,fait long feu et je suis restée sur ma faim . Bizarre l'attribution du Nobel !



4 sur 5 étoiles Fluide et limpide   Novembre 4, 2008
 11 sur 13 ont trouvé ce commentaire utile

1931, la bourgeoisie parisienne rêve encore, les petites filles s`accrochent à la main de leur parents et font rouler leurs cerceaux. Innocence et gaieté, foi en l'avenir, même si de plus en plus on entend la voix du nouveau chancelier allemand aboyer de l'autre coté du Rhin. Ethel découvre l'amitié, s'entiche de Xenia, son icône, son modèle, Xenia la princesse déchue, l'exilée dépossédée, la petite fille russe, Xenia qui manie très bien l'offense et la caresse . Ethel l'admire, la dévore, hypnotisée par la fierté, la liberté de celle qui n'a plus rien. Dans l'appartement ou Justine et Alexandre, les parents d'Ethel tiennent salon tous les dimanches, les amis, parents, viennent partager, parader, cancaner, fustiger, dénoncer, railler.

Le grand oncle Salomon meurt et lègue tout à Ethel, toute sa fortune, y compris le pavillon mauve qu'il a acheté pour Ethel lors de l'Exposition Universelle. Et tout sera perdu, vendu, bradé, monnayé, dilapidé. Envolé parce qu'Alexandre ne sait pas faire, évaporé parce que Justine baisse les bras. La chute, la fuite, la Cote d'Azur ou se réfugie la bourgeoisie, affamée, épuisée, en attendant que se termine la guerre. ( Pendant toutes ces années ils avaient tenu le haut du pavé, ils s'étaient pavanés à leurs tribunes, ils avaient gardé le crachoir, avec leurs discours anti-juifs, anti-nègres, anti-arabes, leurs rodomontades et leurs airs de justiciers et de matamores. Tous ceux qui, comme Alexandre Brun, tremblaient pour leurs privilèges, attendaient le Grand Soir, la révolution bolcheviste, les complot des anarchistes....ceux qui riaient en voyant dans les journaux les dessins de Carb : Oust ! La France n'est plus une patrie pour les sans-patrie !... Maintenant, leur monde s'était écroulé, émietté, il avait été réduit à une eau de canal. Maintenant, ils étaient condamnés à errer comme des ombres, à leur tour, sans rien espérer, sans autre nourriture que les épluchures et les racines verdies, comme s'ils mangeaient la terre, le charbon et le fer, dans cet hiver interminable... Ils n'avaient rien vu venir .)

Ritournelle de la faim pourrait être seulement le destin d'une jeune fille, née entre deux guerres, protégée, privilégiée puis acculée à la fuite au-delà de la ligne de démarcation. Ca l'est, d'ailleurs, en quelque sorte. Mais Ritournelle de la faim est aussi, à travers le portrait d'Ethel, celui de toute une bourgeoisie nantie, protégée, cuirassée dans ses convictions. Une France encore coloniale et remplie de certitudes, une génération ou les enfants grandissent brutalement et mûrissent tels des fruits brutalement exposés au soleil. Il suffira qu'Ethel perde tout (argent, illusions, confiance) pour que le papillon sorte de sa larve enfantine.

La langue de JMG Le Clezio est limpide et suave. Et cette limpidité, qui fait la force et la beauté du roman, entraîne le lecteur dans le sillage d'Ethel, son innocence, sa naïveté, sa force qui l'aidera à supporter la ruine et la faim.

Le roman est ouvert et clôturé par deux courts et superbes chapitres ou JMG Le Clezio évoque la faim, celle qu'il a connu, enfant, quand il courait après les chars américains tout juste débarqués, et la faim (de colère, d'absolu, de vivre) transformée sous les notes du Bolero de Ravel en litanie envoûtante.



3 sur 5 étoiles Un sentiment de léthargie aigue   Novembre 3, 2008
 15 sur 17 ont trouvé ce commentaire utile

Le prix Nobel à un écrivain français, cela me motivait à lire ce roman jusqu'à la dernière page. L'action se résume à peu prés cette phrase: Et puis, tout d'un coup, elles sont devenues les meilleures amies du monde . Ce tout d'un coup détonne au milieu de l'ambiance léthargique générale dans laquelle je me sentais m'enfoncer à mesure que je tournais les pages. Une histoire sans histoire, on vibre peu, ni rire, ni pleur, ni peur, un brin de nostalgie, et un sentiment d'ennui.
Il y a certes de jolis mots recherchés que l'on ne lit pas souvent. ..ces adresses croisées, rue Vaugirard, pour elle, villa Solferino, pour lui. Elle mignardisait. Mot absent du dictionnaire, se pourrait-il que l'académie de la langue française ait oublié le verbe mignardiser ?
Il y a aussi quelques belles phrases : les grandes cocottes étaient des indigentes et les cocos-bel-Sil de vieux cacochymes . Ça sonne bien, la poésie des iles. Mais cela n'a pas suffit à me faire oublier l'ennui.



5 sur 5 étoiles 200 pages de bonheur   Octobre 17, 2008
 64 sur 70 ont trouvé ce commentaire utile

Superbe titre pour un superbe livre! Le Clézio, dans une veine semi-autobiographique, y fait revivre une femme, Ethel, qui ressemble étrangement à sa mère, et fait par la même occasion le portrait d'une époque ô combien troublée, celle de la Seconde Guerre mondiale et de son cortège d'horreurs et d'effroi... Tout cela dans une langue souple, aérienne, qui ne se regarde jamais écrire, mais sait aller chercher au fond de nous, avec des mots simples et directs, des émotions dont parfois nous ne nous savions même plus capables... 44 ans se sont écoulés depuis le choc du "Procès-verbal", mais depuis ce premier livre Le Clézio n'a jamais dévié de son exigence première: celle de la qualité... Qualité de l'écriture, qualité de la pensée, qualité de l'homme aussi qui pose sur le monde d'aujourd'hui, d'hier et de demain un regard lucide mais jamais désespéré... Je suis heureux qu'il vienne enfin de recevoir la récompense suprême des Lettres mais pour ceux qui, comme moi, le suivent depuis des années, c'était depuis longtemps une évidence: JMG Le Clézio est l'un des plus grands écrivains contemporains.



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