La Tentation de l'innocence |  | Auteur: Pascal Bruckner Créateur: Pascal Bruckner Éditeur: LGF - Livre de Poche
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Média: Poche Pages: 283 Poids (kg): 0.3 Dimension (cm): 6.9 x 4.3 x 0.6
ISBN: 2253139270 Code Décimal Dewey: 128 EAN: 9782253139270 ASIN: 2253139270
Date de publication: 1996 Disponibilité: Habituellement expédié sous 24 h
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Amazon.fr Définissant l'innocence comme une maladie de l'individu qui consiste à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, de jouir des bénéfices de la liberté sans en subir les inconvénients, Bruckner dénonce ici les deux grandes tentations auxquelles l'humanité post-moderne aurait succombé : l'infantilisme et la victimisation. L'homme des temps modernes se voulait autonome, conquérant et responsable. L'infantilisme désormais menace, chacun souhaitant bénéficier à l'âge adulte des privilèges de l'enfance et jouir de la sécurité sans être soumis à la moindre obligation. Les progrès de la victimisation se manifestent par la multiplication des martyrs auto-proclamés. Or, la dignité humaine procède plutôt de la volonté de résister et se défigure dans la plainte. Surtout, la victimisation à outrance induit l'imposture. Dès lors, "comment venir en aide aux opprimés sans céder à la confiscation de la parole victimaire par les imposteurs de toutes sortes ?" Un essai résolument mal pensant, revigorant en ces temps consensuels. --Paul Klein
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| Commentaires des clients: Indispensable exercice de raison Août 8, 2007 Bibliophilette (France - Centre) 11 sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
Difficile de résumer la foisonnante reflexion de P. Bruckner. L'analyse courageuse que nous propose l'auteur est remarquable de lucidité, nuance et objectivité. Voilà un bel exercice de philosophe, une formidable leçon d'humanisme, sans angélisme et sans illusion sur la nature humaine. P. Bruckner dénonçait déjà en 1995 (année de parution de ce livre) la tendance néfaste de notre monde moderne à la victimisation et à l'infantilisation, qui n'a fait que s'accentuer depuis (cf. un ouvrage récent sur le sujet : Le temps des victimes).
"J'appelle innocence cette maladie de l'individualisme qui consite à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, cette tentative de jouir des bénéfices de la liberté sans souffrir aucun de ses inconvénients. Elle s'épanouit dans deux directions, l'infantilisme et la victimisation, deux manières de fuir la difficulté d'être, deux stratégies de l'irresponsabilité bienheureuse."
Au fil des pages, l'argumentation s'enrichit de multiples démonstrations. L'auteur avec érudition, mais sans ostentation, traite de l'homme face à lui-même (Rousseau - Saint Augustin), face aux autres, des rapports hommes - femmes, de la guerre, de la mystification des relations internationales, des excès de langage, de la culture, de l'amour et de la sexualité, de la charité manipulatrice et trompeuse, des communautarismes destructeurs... Finalement, tout le propos de P Bruckner invite à nous libérer. Tout en gardant sensibilité et ouverture au autres, il nous met en garde contre le piège de l'émotion larmoyante qui règne actuellement et qui au lieu de nous grandir, nous maintient au contraire dans un état de faiblesse et de dépendance. Il nous invite à être des adultes responsables participant pleinement à la vie de la cité.
"Plus que le coeur et ses épanchements, c'est l'échange et la parole qui sont à la source d'une véritable amitié entre les hommes et permettent d'instaurer un séjour commun, habitable par tous, un monde de libertés réciproques. Si la charité apaise une blessure ponctuelle, c'est la politique seule, c'est-à-dire l'affrontement codifié, à travers l'espace public, des intérêts et des droits, qui fabrique des égaux. [...] Faire de la compassion la valeur cardinale de la cité, c'est détruire la possibilité d'un monde où les hommes pourraient se parler et se reconnaître comme des personnes libres."
La sacralisation des irresponsables Septembre 3, 2005 Alceste (Montreal, Canada) 10 sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
Les Lumières ont encouragé l'individualisme. Mais la liberté nous expose à la responsabilité individuelle, ce qui est stressant; l'égalité favorise la compétitivité, ce qui est fatiguant; et la fraternité nous oblige à essayer de plaire à tout le monde, ce qui est un travail jamais terminé. Ainsi l'illuminisme s'est terminé avec le Romantisme et la Restauration (même si, à la longue, on est revenu au Positivisme et aux démocraties paritaires). Et, plus pertinent pour nous, le néoilluminisme libertaire des années '60-'70 s'est enlisé dans le néoromantisme actuel. Lequel est caractérisé par l'infantilisme et la victimisation. Avec des conséquences inquiétantes comme la "dictature des opprimés" (voir Alain Minc, "Epîtres à nos nouveaux maîtres"), ou la sécession des sexes (voir Elisabeth Badinter, "Fausse route"). Un classique à lire et relire.
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