Le commencement d'un monde : Vers une modernité métisse | 
| Auteur: Jean-claude Guillebaud Créateur: Jean-claude Guillebaud Éditeur: Seuil
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Média: Broché Pages: 390 Poids (kg): 1.5 Dimension (cm): 9.4 x 6 x 1.4
ISBN: 2020967073 EAN: 9782020967075 ASIN: 2020967073
Date de publication: Août 21, 2008 Disponibilité: Expédition sous 1 à 2 jours ouvrés Expédition: Livraison internationale disponible Condition: ENVOI RAPIDE ET SOIGNE AVEC CADEAU SURPRISE
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Synthèse sur la modernité métisse Décembre 22, 2008 1 sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
Après "Trahison des Lumières" (1995), "La Tyrannie du Plaisir" (1998), La Refondation du monde" (1999), "Le Principe d'Humanité" (2001) et "Le Goût de l'Avenir" (2003), Jean-Claude Guillebaud parachève avec "Le Commencement d'un monde - Vers une modernité métisse" (2008) "sa grande enquête sur le désarroi contemporain". Le thème est celui du métissage entre les civilisations. Sujet vaste et hyper intéressant. Guillebaud, partant du "choc des civilisations" de Samuel Hutington, essaie de démontrer que les enjeux de demain ne seront plus culturels comme l'avait prédit le professeur de Harvard. Si sur ce point je suis entièrement d'accord avec Guillebaud. Sur d'autres, je ne suis pas convaincu. Guillebaud essaie de discerner les brêches, les responsabilités de l'Occident, avec le développement, entre autres, d'un "chaos-monde" (misère de l'économie, une science sans culture, nouveau contentement de soi, paniques entretenues, etc...). Soit. Si cet essai de près de 400 pages se lit facilement, il pourra lui être fait le reproche d'être parfois approximatif (sur la Chine et l'Inde, par exemple), mais les chapitres sont toujours bourrés de références non négligeables. En gros, J-C Guillebaud, en spectateur éclairé, nous fait la synthèse de ce qu'il a englouti en lectures durant trois ans, pour nous dire qu'il ne faut pas s'inquiéter, cela ne sert de rien. Soit... Mais ce qui m'a dérangé dans cet essai, c'est l'absence d'engagement, cette frilosité intellectuelle. Noyer le poisson dans l'eau, voilà ce que fait Guillebaud. C'est l'art du consensus. En diplomatie, on ne fait pas mieux. Le nouvel optimisme de son auteur (lui "l'inquiet" de naguère) me paraît surréaliste. Personnellement, je trouve sa nouvelle vision du monde assez "angélique", carrément irénique, pour ne pas dire d'un "optimisme béat". Le défenseur du "principe d'humanité", prudent et circonspect, semble loin derrière... Ainsi la conclusion de l'ouvrage me semble moralement irresponsable (Guillebaud ne choisit ni de changer le monde, ni de l'épargner, il méprise tout militantisme politique, toute pensée partisane ! Ses détracteurs parleraient d'immobilisme intellectuel, de statut-quo ou d'un choix délibéré pour "le pourrissement des choses"). Guillebaud a beau refuser tout fatalisme, et tout pessimisme (quelque part, c'est louable), il ne propose rien de concret pour changer les choses. Car il ne faut rien changer, peut-être. On y apprend beaucoup (sur les métissages en général, la rencontre des cultures, et de ce point de vue, c'est plutôt réjouissant), mais ça s'arrête là. Pour le reste, le développement des technologies, la pollution, les manipulations en tout genre, la crise du politique, etc., il faut s'adapter. De la connaissance à la conne essence qui consiste à tout accepter (et du "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil"), il n'y avait qu'un pas. Avec ce livre, il est franchi.
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